L'administration publique camerounaise est en pleine mutation. Réuni à Yaoundé, ce 20 août , dans le cadre de la première session ordinaire de l'exercice 2026 du Comité de pilotage, le Ministre de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative (MINFOPRA), Joseph LE, a réaffirmé la détermination du gouvernement à opérer une véritable révolution culturelle et technologique au sein des services publics.
Un changement fondamental de paradigme
« Le numérique n'est plus une option pour l'administration publique. Il est devenu une condition de sa modernisation, de son efficacité et de sa capacité à répondre aux attentes nouvelles des citoyens et des entreprises », a souligné le Ministre Joseph LE.
L'objectif est clair : abandonner définitivement le modèle d'une administration paperassière et axée sur de lourdes procédures pour bâtir une fonction publique moderne, transparente, efficiente et centrée sur les résultats.
Conscient que les blocages passés — observés notamment lors du déploiement d'outils comme le SIGIPPE — provenaient du manque d'acculturation des usagers et des agents publics, le gouvernement place le facteur humain au cœur de cette dynamique. La stratégie repose sur un axe majeur : former, développer les compétences et ancrer la culture du e-government.
L'écosystème « Smart Campus » et les campus numériques
Pour concrétiser cette vision, le Cameroun s'appuie sur le projet « Smart Campus » (ou campus numérique), mené en étroite collaboration avec la République de Corée via son agence de coopération internationale, la KOICA. Ce partenariat stratégique, initialement lancé en 2024 et désormais prorogé jusqu'en juin 2028, franchit des étapes décisives.
Sur le terrain, les infrastructures se matérialisent rapidement. Quatre bâtiments dédiés aux campus numériques sont actuellement en construction dans des institutions clés :
Le Ministère de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative (MINFOPRA) ;
L'École Nationale d'Administration et de Magistrature (ENAM) ;
L'Institut Supérieur de Management Public (ISMP) ;
L'École Nationale Supérieure des Postes, des Télécommunications et des Technologies de l'Information et de la Communication (SUP'PTIC).
Ces infrastructures deviendront des pôles de référence destinés à assurer à la fois la formation initiale des futurs usagers de l'administration et la formation continue des agents déjà en poste.
Innovation pédagogique : L'arrivée stratégique du LMS
Outre les infrastructures physiques et le renforcement des moyens logistiques (comprenant l'acquisition de nouveaux véhicules d'appui et de bus opérationnels), le projet marque un tournant grâce au déploiement du Learning Management System (LMS).
Cette plateforme d'apprentissage numérique constitue l'ossature d'un modèle d'apprentissage à distance, standardisé, évolutif et traçable. Le LMS permettra d'affranchir la formation des contraintes géographiques et logistiques habituelles pour couvrir progressivement l'ensemble du territoire national.
Des objectifs ambitieux et pérennes
Grâce à la formation en cours d'un noyau d'experts et de formateurs nationaux, le programme vise un rythme de croisière impressionnant : former environ 5 000 agents publics chaque année.
En traduisant sur le terrain les très hautes directives du Chef de l'État, Paul Biya, exécutées sous l'autorité du Premier Ministre, le MINFOPRA ne vise pas seulement le déploiement d'outils informatiques, mais bien la pérennité d'une nouvelle gouvernance électronique. Une administration mieux formée, plus connectée et dématérialisée est, avant tout, une administration plus performante au service exclusif du citoyen camerounais.



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