jeudi 30 avril 2026
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Gestion transfrontalière de l’eau : le Cameroun accélère la mise en œuvre de la Convention des Nations Unies sur l’eau

Gestion transfrontalière de l’eau : le Cameroun accélère la mise en œuvre de la Convention des Nations Unies sur l’eau

Le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a présidé ce 28 avril 2026 à Yaoundé la cérémonie d’ouverture des ateliers consacrés à la mise en œuvre de la Convention des Nations Unies sur l’eau et au renforcement des capacités des États de la CEEAC en matière de gestion intégrée des ressources en eau.

Pendant trois jours, experts, responsables gouvernementaux et partenaires internationaux échangent sur les mécanismes de coopération transfrontalière autour des ressources hydriques partagées, dans un contexte marqué par les défis climatiques, les inondations, les sécheresses et les besoins croissants d’accès à l’eau potable et à l’assainissement.

Intervenant à cette occasion, Sonja Koeppel, Secrétaire de la Convention sur l’eau à la Division de l’environnement de la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (UNECE), a rappelé que plus de 60 % des ressources en eau mondiales sont partagées entre plusieurs États, une proportion encore plus importante en Afrique. Elle a souligné que le Cameroun partage plusieurs bassins stratégiques, notamment le lac Tchad, le bassin du Niger, le Congo et la Sanaga.

Selon elle, la Convention sur l’eau constitue un cadre juridique et intergouvernemental permettant aux États de renforcer leur coopération afin de prévenir les conflits, améliorer l’échange de données, mobiliser des financements et développer des réponses communes face aux catastrophes naturelles liées au climat.

Sonja Koeppel a également salué le rôle de leader joué par le Cameroun depuis son adhésion à la Convention en 2022, en tant que deuxième pays d’Afrique centrale à rejoindre cette plateforme mondiale. Elle a insisté sur la nécessité de passer désormais à la phase opérationnelle, à travers la mise en place de systèmes d’alerte précoce, la révision des politiques nationales et le développement d’infrastructures vertes et bleues adaptées aux enjeux environnementaux.

De son côté, Mardi Vondour, Directeur de la gestion des ressources en eau au ministère de l’Eau et de l’Énergie (MINEE), a indiqué que ces assises marquent l’opérationnalisation de la Convention au Cameroun. Il a précisé que le processus vise notamment à aligner la politique nationale de l’eau et la loi en cours de révision avec les standards internationaux de gestion intégrée et partagée des ressources hydriques.

Le responsable du MINEE a relevé que cette démarche permettra au Cameroun de renforcer sa crédibilité internationale, de faciliter la mobilisation des financements et de consolider les capacités nationales dans le domaine de la gestion des ressources naturelles.

Il a par ailleurs mis en avant l’importance stratégique de la coopération régionale, le Cameroun partageant plusieurs ressources hydriques avec des pays voisins tels que le Tchad, le Nigeria, le Niger, le Gabon, le Congo et la Guinée équatoriale.

À travers cette initiative, les autorités camerounaises ambitionnent de faire de l’eau un levier de développement durable, de stabilité et de paix dans la sous-région Afrique centrale.

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